Constantinos Miltiadis, jeune architecte grec établi à Zurich, vient de publier une élégante vidéo dans laquelle il décrit son projet Anywhere. Il reprend un dispositif qui lui avait valu le prix Arthur C. Clark — Musée de la science-fiction — pour l'approche la plus créative et la moins orthodoxe. Il s'agit d'un espace virtuel, accessible depuis n'importe quelle plateforme, auquel viennent s'ajouter des capteurs locaux pour insérer l'avatar. Ce qui me fait dire que le concept est un peu ambigu.

L'hétérotopie est un concept développé par Michel Foucault. A l'origine, il désigne l'espace qui contient l'utopie. Par extension, il s'applique à tous les espaces concrets qui hébergent l'imaginaire. Ci-après les mots de l'architecte dont vous pouvez trouver l'intégralité sur son site.

Anywhere a pour intention de briser les limites de la présence humaine physique, en remplaçant kinesthésie, vision et audition avec des expériences sensorielles artificielles, dans un environnement virtuel entièrement interactif.

La partie principale du projet est une application mobile. Elle fonctionne comme un noeud de réseau décentralisé et une plateforme pour que chaque utilisateur puisse rejoindre l’environnement virtuel.
— Constantinos MILTIADIS

J'ai toutefois quelques réserves. Bien que visuellement alléchant, je pense pas que le projet dépassera pas le stade d'une installation un peu rêveuse. En effet, derrière la dialectique et des outils symboles de modernité, comme le masque ou les datagloves, Constantinos Militadis nous "promet" un accès depuis n'importe quelle plateforme et à plusieurs.

Or, l'architecte confond volontairement, je pense, le sujet qui se trouve dans l'espace physique – dont les mouvements sont captés au moyen des kinects et des datagloves – et une personne qui se joindrait à l'expérience à distance et qui vraisemblablement n'aura pas accès à ce matériel. A moins que l'on envisage des lieux physiques miroirs, qu'il n'évoque pas.

Par contre, je n'ai pas identifié le casque et les gants, ce qui tendrait à prouver qu'ils ont été développé spécialement pour l'installation. Je pense donc qu'il s'agit d'une évocation de belle facture, une réflexion sur la confusion des espaces.

Le projet a été développé sous le patronage du Professeur zurichois Ludger Hovestadt, titulaire d'une chaire de design d'architecture assisté par ordinateur.

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