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L'égo-système de l'avatar


« L'illusion de contrôle consiste à vous sentir
comme si vous pouviez peser sur le monde
et constater qu'il bouge. »

– David McRaney

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L'égo-système de l'avatar


« L'illusion de contrôle consiste à vous sentir
comme si vous pouviez peser sur le monde
et constater qu'il bouge. »

– David McRaney

Illustration : Chris Jones

Les entreprises que nous menons avec nos profils, nos identités du web, ne cessent d'augmenter. Une partie de ces actions concernent exclusivement nos avatars ; son apparence, sa visibilité, ses performances.

Toujours prêts à tricher un peu pour faire éclore cette construction mythologique de nous-mêmes. A l'image des achats intégrés – les bien nommés –, ces micro-paiements qui permettent de s'offrir des compétences.

Oui, dans Farmville, par exemple, votre ferme, c'est votre avatar. Les achats que vous voudrez bien faire pour la faire progresser plus vite que celles de vos amis, constituent une "corruption douce" du système, une torsion de la réalité.

Ainsi, d'aucun dirait qu'il ne s'agit pas de reproduire l'apparence du réel mais d'en exprimer la réalité cachée – mimesis –. A moins que nous ayons quelques comptes à régler avec notre identité – catharsis –.

Quoi qu'il en soit, dans de nombreuses circonstances, c'est en effet notre avatar qui a des besoins, qui consomme, et plus les identités que nous utilisons se caractérisent, plus il devient difficile, voir erroné de vouloir nous toucher à travers elles.

Au contraire, ce sont elles qui cherchent l'élection. Elles ont leurs propres éco-systèmes, leurs égo-systèmes. L'humain achète du rêve et l'avatar achète de la réalité, en quelque sorte.

Mais bien que le circuit du service ou de l'objet ne passe plus par la réalité carbone, vous, l'internaute, êtes toujours celui a qui l'ont fait les poches. 

L'économie semble aujourd'hui déséquilibrée en faveur des "fournisseurs d'identités". Sur les réseaux, on vous aime bénévole, désintéressé et bien sûr, consommateur.

Pourtant, que nous apprennent les pionniers de l'hyper-connection, c'est que plus vous passez de temps dans un univers, plus vous devrez y trouver de quoi subsister ;

farming, ventes d'objets virtuels, e-sports, les avatars sont de petits ouvriers qui tentent de trouver quelques subsides dans leurs univers respectifs.

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De l'expérience à l'opportunité


Quelle est l'accroche de la réalité virtuelle ?
On pense immédiatement aux sensations.
Pourtant, à long terme, ce sont les sentiments.

De l'expérience à l'opportunité


Quelle est l'accroche de la réalité virtuelle ?
On pense immédiatement aux sensations.
Pourtant, à long terme, ce sont les sentiments.

Illustration : Chris Jones

La réalité virtuelle émergente – des interfaces – semble ignorer l'avatar. Notamment parce que ses concepteurs sont issus de l'industrie du jeu vidéo. Mais aussi à cause de la vision caméra subjective qui vous masque à vous-même.

Pourtant, parmi ceux qui apprécieront ces interfaces, beaucoup voudront y associer une identité à long terme. En particulier, lorsqu'ils rencontreront d'autres avatars. Par effet de miroir, ils voudront savoir comment ils sont perçus.

Et ils opéreront des changements, le cas échéant. Tout simplement, parce que c'est possible. Dans les univers de concepts, le prototypage de nous-mêmes semble naturel.

En réalité, en premier lieu des personnes avec qui l'on aime partager des expériences, il y a soi-même. Je ne crois pas que le zapping de réalités, un fast food d'expériences de décorporation, sera satisfaisant à long terme.

Les identités subtitutives se contruisent dans la slow VR, une réalité virtuelle qui se rappelle de vous, où vous avez des amis et, qui plus est, favorise cette identité avec laquelle vous vous sentez à l'aise.

C'est pour cela que j'estime qu'il n'y a pas de chainon manquant entre la réalité virtuelle qui s'apprête à envahir notre quotidien et les communautés d'avatars que constituent les mondes virtuels.

On pourrait penser qu'il est vain d'opérer ces métamorphoses, pourtant le chercheur Nick Yee a théorisé l'effet proteus qui dégage que dans certaines circonstances, le manipulateur de l'identité en ligne finit par se conformer à sa représentation.

Ce qui n'était qu'une expérience devient une opportunité.

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L'économie des simulacres


« Les robots sont susceptibles d'arriver d'abord 
sous la forme d'émulations du cerveau.
Je les appelle ems pour faire court. »

– Robin Hanson

L'économie des simulacres


« Les robots sont susceptibles d'arriver d'abord 
sous la forme d'émulations du cerveau.
Je les appelle ems pour faire court. »

– Robin Hanson

Illustration : Chris Jones

On prédit que des entités informatiques, qui posséderont nos caractéristiques cognitives et notre comportement, agiront en notre nom. Et cela sans que vous n'ayons à intervenir.

Ce n'est pas si inconcevable quand on estime que Siri ou Cortana, sont déjà des ambassadeurs identitaires de leurs marques respectives.

Avec le développement du mouvement quantified self, on peut imaginer que des capteurs enregistreront vos données jusqu'à en posséder suffisamment pour vous représenter efficacement et dupliquer indéfiniment votre force de travail logique – ou la dérober, le cas échéant –.

Tout en sachant que l'émulation travaillera, elle, à la vitesse de son environnement électronique.

On peut observer une amorce de ce transfert de compétences avec l'application Summly du petit génie Nick D'Aloisio, rachetée 30 millions de dollars par Yahoo en 2013.

Cet entrepreneur de 18 ans a théorisé que le langage naturel pouvait être interprété comme un langage de programmation syntaxique. Ainsi l'application résume l'actualité sans intervention humaine.

Ce qui est paradoxal, c'est que plus la machine sera en mesure de comprendre le langage naturel, plus les humains seront en capacité d'y imprimer leur complexité, leur identité.

On peut ainsi l'interpréter également comme une reconquête des territoires informatiques.

C'est cette hypothèse d'une économie des simulacres que développe Robin Hanson dans un article intitulé When the Economy Transcends Humanity . Cet économiste américain parle d'humains "émulés", de ems.